Ariel Pink – One Summer Night

12/11/2018

Ariel Pink, si vous ne le connaissez pas, fait partie des « phénomènes » de notre génération. Ami proche de l’artiste John Maus, professeur de philosophie d’une bonne quarantaine d’année fabulant sur les synthétiseurs, ils forment à eux deux une jolie paire rock-électronique.
Ouvrez l
es oreilles, ce petit morceau vertueux en donne à voir !

Ariel Pink est doté certes de larges compétences techniques, qu’on peut saisir entre autres en écoutant les mini-bruits faufilés entre les pistes. Mais Ariel se distingue avant tout par un univers enfantin et cynique enfermé dans sa boîte crânienne. Cet imaginaire est notamment présent dans son dernier album « Dedicated to Bobby Jameson », plus précisément dans le titre « Death Patrol » dans lequel il contextualise et interprète très justement une patrouille de la mort allant chercher de futures victimes dans les rues, le tout infusé de cynisme et de ventriloquisme.

Le morceau du jour, One Summer Night, est quant à lui issu de l’album précédent, une pièce montée par ce même énergumène qui se réinvente une fois de plus. « Pom Pom », sorti en Novembre 2014 fait du pied aux adeptes du fantastique sonore.

Des histoires littéralement jouées par les multiples voix de l’artiste : on peut même, dans le titre Black Ballerina, deviner une imitation de Rick and Morty, qui nous laisse deviner le grand second degré de Mr Pink.

« Pom Pom » appartient au courant « Hypnagogic pop ». Si l’on veut définir ce courant d’une façon simple, on peut parler de désordre mélodieux. Plus scolairement, l’Hypnagogic pop est un mélange de pop et d’expérimental qui se rapporte à bon nombre d’esthétiques. Le trait fort de l’hypnagogic reste que tous les artistes du mouvement ont une même approche de la musique ; entre autres dans le mixage et l’approche des sons utilisés (le Lo-Fi revient bien souvent par exemple, comme l’utilisation de la réverbération). Évidemment, cette définition demeure bien simplifiée au vu de la réalité des pièces créées. C’est ce que l’on peut appeler la scène underground du Néo-Psyché américain.

Ce morceau, quant à lui, me permet de rebondir sur le terme Néo-Psyché. N’entendez-vous pas une ressemblance frappante avec la jolie guitare de Mac DeMarco, une note détonante et synthétique ? C’est ce qui confirme bel est bien une des origines du cocon d’Ariel.

Ariel est un personnage souvent androgyne et ne s’assimilant à aucun autre : d’ailleurs le chanteur des Strokes, Julian Casablanca, ne me contredirait sûrement pas. C’est en effet ce qu’il expose dans un article PitchFork, témoignant d’une réelle admiration pour Ariel et surtout d’une incompréhension face au rayonnement moindre d’un artiste de cette ampleur.

Je parlerais pour ce son d’une bande-annonce de ce qu’est l’album : on n’y voit presque rien mais on ressent complètement l’intensité du reste... Mettez-vous en phase d’introduction pour le morceau « One summer night », qui semble presque être un troll de titre, en savourant ces synthétiseurs satisfaisants. J’espère que ce son vous poussera les portes du reste de l’album, voire de l’artiste... Bonne écoute !