La review de Mac : Damso – Lithopédion

Damso. Lithopédion. L’attente fut longue, le leak fût présent (merci Booba pour le we transfer personnalisé, tu donnes la force, on oubliera pas). 18 tracks dont 16 inédits, 1 seul feat (féminin qui plus est), l’album de Damso s’annonçait très intéressant par rapport aux grands nombres de morceaux, mais également car après la sortie de Smog, les avis autour de nous étaient très partagés, pur renouvellement ou chute dans la facilité ? A vous d’en décider seul.

En ce qui concerne l’album, impossible de vous cacher ma déception. Bien que conséquent et très bien produit, Damso s’éloigne de plus en plus de Batterie Faible (son passage par l’Ipséité nous mettait relativement la puce à l’oreille il faut l’avouer) pour tomber dans un renouvellement intéressant certes, mais si cela est pour laisser de côté le flow et les paroles mi-crues/mi-poétiques qui le caractérisait, je dis non. 2 ans séparent Batterie Faible de Lithopédion, mais cela semble une décennie. Bien loin est l’époque de la ménagère qui nettoie au glock, Damso semble avoir allumé une clope dans son appartement, où normalement, on n’y fume que des joints. La maturité de Damso se remarque grandement sur cet album. Plus posé, plus chanté, plus lyrique en quelque sorte, grand bien lui fasse cependant, mais j’ai l’impression d’y voir également une censure ; censure de lui-même certainement, peut-être a cause de la polémique par rapport à l’hymne des Diables Rouges pour la CDM 2018 ? Par rapport à sa paternité ? Question à laquelle nous n’aurons certainement pas de réponse.

Cependant, en faisant abstraction de l’impact qu’a eu Batterie Faible et Ipséité sur moi, ainsi que sur le rap francophone, Lithopédion est beau, Lithopédion est romantique, Lithopédion est bien. Les productions sont sans fautes, on y retrouve du beau monde comme Ikaz Boi, le duo Twinsmatic, ou encore Pyroman (je vous conseille vivement le documentaire Au cœur du Lithopédion, sorti il y a peu sur Youtube si vous ne l’avez toujours pas vu, pour en apprendre un peu plus sur les producteurs de Lithopédion). Comment cet album n’est donc pas à mon goût ? À part l’introduction, que je trouve particulièrement réussie (étonnant de voir Damso commencer par une intro par ailleurs) et profonde, l’album sonne un peu creux dans mes oreilles, comme dit précédemment, il manque de la violence, il manque de la rage, mais tout est question de maturité j’en prends compte.

Album à ne pas négliger, et qui mérite surtout plusieurs écoute avant d’être pris au sérieux selon moi.