[NEWS] Moher prend le large avec son EP « Space Traveler

Nous sommes le 8 Février à Marseille, le soleil se lève doucement, la Capitale du Monde s’éveille et découvre que sa jeunesse a encore frappé. Moher, activiste Techno phocéen nous offre en 2019 un nouvel EP spatial, avec deux titres tout droit venus du cosmos. Aujourd’hui nous écoutons « Space Traveler ».

Moher est loin d’être un inconnu dans les colonnes de la Stud : c’est avec lui que nous avons réalisé une de nos plus belles soirées de 2018, « Tempête au Polikarpov », une nuit placée sous le signe de la Techno et de l’orage sur le Vieux-port à Marseille.

Dj actif et producteur perfectionniste, il nous dévoile enfin son nouveau projet, « Space Traveler », dans lequel transpire une fascination pour l’Univers et ses mystères. A l’instar de Jeff Mills, qui a consacré de nombreux albums et projets à ce thème envoûtant et objet de fantasmes, le jeune talent marseillais se voit déjà voguer d’étoiles en étoiles.

Son premier morceau, « Wormhole », nous propose une vision technoïde et psychédélique de notre incompréhension quasi-totale des trous de ver. Moher connaît ses classiques, et sait surtout comment délivrer une Techno efficace, anxiogène et calibrée ; c’est un kick sourd et résonnant qui nous accueille, armé de touches synthétiques qui feront le cœur de la progression du morceau.
Le build-up rythmique est parfaitement bien réalisé, et la progression est digne d’un classique Techno, en ce que Moher sait exactement comment tenir une foule en extase et la propulser au plus loin. « Wormhole », de par sa mélodie insaisissable, prend une tournure angoissante qui nous rappelle notre impossibilité à lutter contre les forces de la nature. Même Matthew McConaughey n’aurait jamais osé faire le voyage avec une telle bande-sonore ; Moher, lui, met les pieds sur le cockpit et fonce tout droit dans l’obscurité. Un régal.

« Unexplored » est le second et dernier titre de l’opus « Space Traveler ». Après le trou de ver, l’inconnu. L’inexploré.

 

Cette logique textuelle et littéraire est parfaitement illustrée par ce second morceau, qui quitte sa touche psychédélique pour proposer un savant mélange de Dub Techno et de Techno 4X4. Quoi de plus parlant qu’un synthé clair, claquant et mélancolique pour piquer à vif notre esprit, déjà embarqué dans une danse frénétique proposée par le build Techno du producteur marseillais ?
La texture du morceau est exceptionnelle, et propose une vraie ballade intersidérale, rythmée et mystique ; Moher, producteur ambitieux et prêt pour la scène, pourrait bientôt toucher les étoiles. Après avoir écouté cet EP, le cosmos n’aura plus de secrets pour vous.

Frissons et pas de danse garantis.

[Artwork by Raphaël Chillio]