« On a peut-être montré que ça intéressait les gens de vivre une expérience de soirée différente » – PailletteS en Interview

Le festival Le Bon Air organise des préliminaires à remous afin de mobiliser ses troupes. La Ballroom résonnera aux sonorités hardcore, gabber, techno et frapcore le temps d'une soirée, le temps d'une danse déjantée. Pour l'occasion, nous sommes partis à la rencontre du collectif PailletteS qui se chargera de redonner de la brillance à une scène un peu trop sombre.

Acclamés lors du dernier Bon Air, vous revenez pour un préliminaire plus qu’alléchant. Qui êtes vous et qu’est ce que vous nous préparez pour ce samedi ?

PailletteS : Nous sommes 5 anciens étudiants des beaux-arts, Dasha, Gaëtan, Lea, Pierrick et Sasha, on parle toujours de ça en premier car c'est là où nous nous sommes tous rencontrés, aujourd'hui nous avons tous des activités de dj, musiciens, plasticiens ou poètes, et c'est le mélange de tout ça que nous préparons pour samedi, un décloisonnement bordélique qui veut tout emporter sur son passage.

Vous avez créé le collectif en 2016, depuis tout le monde ne jure que par vous, comment avez vous vécu cette évolution ? Quel a été le moment déclencheur de votre ascension ?

PailletteS : Ça a justement été une évolution, tout se passe petit à petit. On est très heureux de rencontrer un public aussi bienveillant, c'est ça le déclencheur de notre ascension, le soutien du public. Médiatiquement il y a eu le bon air 2018 bien sûr mais en réalité ce qui nous permet d'organiser des événements au rythme auxquels on les organise c'est la présence du public. Même, dire public a très peu de sens, c'est plutôt la présence de gens qui comme nous aiment la fête, la nuit, la musique, de gens qui sont curieux, ouverts aux possibles, à l'inconnu.

On voit à Marseille de plus en plus de collectifs mêlant art visuel, performances et musique, est ce que vous avez ouvert la porte à d’autres crews selon vous ?

PailletteS : On a ouvert la boîte de Pandore... et tant mieux ! Bien sûr on n'a rien inventé mais il est évident qu'avant nous il n'y avait pas beaucoup de collectif avec ce genre de démarche. On a peut-être montré que c'était possible, ça intéressait les gens de vivre une expérience de soirée différente, et ça nous intéresse aussi. On est content de pouvoir aller dans ce genre de soirées, voire de collaborer.

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(Membres du collectif - Photo Robin Plus)

Par quels autres acteurs avez vous été inspirés ?

PailletteS : Ce qui nous a inspiré c'est justement le manque de ce type de soirées, et pour le reste on a pris inconsciemment ce qui nous semblait le meilleur ailleurs, le confort du club, la tolérance des free party, les décors nécessaires à toutes les vraies fêtes.

Votre style musical oscille entre plusieurs influences marquantes comme le gabber ou la techno… Ce n’est pas facile de mélanger tout ça, comment est ce que vous réussissez à produire une telle osmose ?

PailletteS : On est 5 dans le collectif et on mixe tous pour nos happening. On se fait confiance pour que chacun mixe ce qu'il aime tout en imaginant que ça collera avec l'ensemble. Bien sûr c'est les montagnes russes, mais les montagnes russes ça fonctionne très bien, beaucoup de gens adorent ça, c'est une expérience. Avec nous au moins s'il y a un problème de rail on n’est pas éjectés du wagon.

C’est un collectif, mais j’imagine que chacun a ses propres spécificités. En tant que tout, qui s’occupe de quoi ? Est ce que chacun met sa patte dans tous les volets qu’ils soient scénographiques, musicals, plastiques… ?

PailletteS : Au début en ce qui concerne l'organisation de nos soirées on s'occupait tous de tout plus ou moins mais c'est devenu trop complexe avec l'ampleur que nos activités ont pris. Maintenant, Dasha et Sasha s'occupent de la programmation et l'assistance des artistes scénographes. Lea s'occupe de l'administratif propre au collectif, des bénévoles et des caterings. Pierrick de la programmation et de l'accueil des artistes dj et musiciens. Gaëtan, s'occupe de nos relations publiques, les échanges avec les lieux, notre agence, la presse. Par contre lors de nos happening nous sommes les seuls acteurs et nous décidons de tout tous ensemble, c'est notre moment.

Vous avez intégré le catalogue d’artistes de Bi-Pole, ça donne envie d’ailleurs en termes de bookings. Quels sont vos projets pour 2019, à Marseille, en France ou encore plus loin ?

PailletteS : Pour l'instant on se concentre sur samedi, ensuite nos événements importants avec notre happening sont une date à Paris le 16 mars au Klub et le bon air fin mai. A côté de ça on a jusqu'en juin les soirées mensuelles que nous organisons à Marseille. Elles reprendront bien sûr en septembre mais on fait une pause durant l'été. On voit venir au fur et à mesure, on ne démarche pas à tout va et on mesure bien les propositions qu'on nous fait. Les choses vont vite mais on ne veut pas se précipiter, on a déjà beaucoup de chance de l'énergie qui se créée autour de nous. On veut vraiment s'enraciner dans la ville pour pouvoir se déployer ailleurs en confiance, on fait un peu de bruit mais on a à peine plus de deux ans il ne faut pas l'oublier.

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STUD QUESTIONS

Un artiste

Dasha : Daniil Harms

Gaëtan : Rudolf Schwarzkogler

Lea : Hans Haacke

Pierrick : Arca (Alejandro Ghersi) dans tout ce qu’il fait et ce qu’il est.

Sasha : Hugo Ball

Un album

D : Кино - Kino (чёрный альбом)

G : Antichrist Superstar de Marilyn Manson

L : Red -the Communards

P : Ryuichi Sakamoto - Async - Remodels

S : Album:Concerto pour détraqués (berurier noir)

Une collaboration improbable

D : Dasha et Sasha

G : La vie

L : willam shatner /tous les feat de son album (Shatner Claus : The Christmas Album)

P : J’ai eu ouie d’entendre que Zaz serait en collaboration avec Till Lindermann, chanteur de Rammstein. Voilà.

S : Klaus nomi et moi (improbable parce qu'il est mort).

Un film

D : Shapito Show 2

G : Le cinéma est à détruire

L : Poultrygeist

P : Les idiots de Lars Von Trier, un film à voir absolument, sur le refus du conformisme dans une société ou l’hypocrisie générale règne.

S : ШАПИТО ШОУ

Un super héros

D : Ma maman

G : Tous les poètes

L : Vampirella

P : Judith Butler (Théoricienne du genre)

S : Cédric Herrou.

Une bière

D : La kro

G et P : L'eau gazeuse

L : La prochaine

S : Le vin rouge

Le meilleur club

D : Solyanka

G : Mon lit après l'after de l'after

L : Poulet tandoori

P : Les appartements

S : Les 9 salopards

La femme de vos rêves

D : Britney Spears

G : Aucun rêves

L : Susan Janet Bâillon (siouxsie)

P : LA FEMME tout court, SOPHIE (Xeon)

S : Ta mère

Un chauve

D : Souris

G : Humpty Dumpty

L : Jimmy Sommerville

P : Britney bitch !

S : Tekitek

Une blague

D : Déjà fait

G : Aller au travail

L : Qu’est ce qui est jaune et qui attend ? Un gilet jaune à un rond point

P : Les hétérosexuels cisgenres monogames

S : Quelle est la différence entre la Joconde et un paquet de cacahuètes ?

Au moins les cacahuètes on peut les manger.