« On a voulu changer les codes » L’équipe du Festival Marstac en Interview

31/05/2018

Un matin du mois de Mai, l'équipe Marsatac m'ouvre ses portes à moins d'un mois du Festival.
Arrivé à l'entrée des locaux, je suis accueilli avec le sourire, un café bien chaud et une bonne humeur générale qui rend le lieu chaleureux.

Quelque peu surpris par le calme de l'ambiance et l'absence de stress palpable, je m'installe avec l'équipe du pôle communication représentée par Anaïs et Gaspard  pour une interview toute en détente !

 

 

La Stud : Salut la team Marsatac, on est à moins d'un mois du festival. Comment se porte l'équipe à ce moment là de l'année ?

Anaïs : Bah écoute elle se porte bien !

Gaspard : Très bien même !

Anaïs : Un peu speed quand même. La principale raison c'est qu'on a ajouté une troisième date cette année : le dimanche 17 juin sur la plage du Petit Roucas. On a déjà annoncé les premiers noms, un quatrième va être annoncé
[Maintenant on le sait, c'est Ellen Allien]
Sur le Parc Chanot, on est face à pleins de questions concernant l'exploitation. La grande nouveauté de cette année, c'est l'ajout de la Main Stage extérieure qui jouera jusqu'à minuit. Pour en profiter, on ouvre les portes plus tôt. 18h le vendredi et 17h le samedi.

Gaspard : On a fait le choix de placer des temps forts tôt aussi. Le vendredi, Roméo Elvis et Lomepal ouvrent avec un show de presque deux heures.

 

 

La Stud : A ce sujet, on sait que l'idée vient de Marsatac, mais comment est-elle née ?

Anaïs : Les deux font le Buzz et ont une grosse actu en ce moment. On sait aussi qu'ils sont proches. Alors, les programmateurs ont décidé de leur proposer un show commun exclusif. L'idée les a bottés tout simplement.
Ce ne sera pas deux heures de créa'. Ils vont tous les deux présenter leur Live, mais il y aura des parties communes.

La Stud : Cette année encore, vous avez une communication qui nous a étonnés. Quelle est la recette pour réussir à changer autant d'une année sur l'autre sans perdre l'esprit Marsatac qui fait qu'on vous reconnaît ?

Anaïs : Est-ce qu'il y a une recette, je ne sais pas mais c'est clair que cette année on a voulu changer les codes et donner au Festival une image chaleureuse, décalée, pour sortir un peu de l'esthétique "révolutionnaire" ou "outsider". On a commencé l'an dernier avec le "M" et la peinture.
On tenait à montrer le renouveau puisqu'on a changé de lieu et de date. Cette année on s'est dit en premier lieu "on est au mois de Juin". On parle à un public plus large puisqu'on a de grosses têtes d'affiches comme Nekfeu, Paul K et IAM. C'est sûrement moins underground que nos années à la Friche.
On fait le choix d'une com' plus légère avec des personnages auxquels tout le monde peut s'identifier : la lycéene, le Geek, les deux jeunes sur leur scooter...
On est cette année sur une fausse plage au Parc Chanot avec des bâches, du sable et des objets gonflables. Cela va se ressentir sur la scénographie.
On accueille les festivaliers sur une scéno solaire. Puis, quand la nuit tombe, tout va se transformer et partir un peu en cacahuète. Le canard gonflable va se transformer !
Tout cela, ce sont des choses qui nous font rire donc on se dit que ça devrait plaire aussi aux festivaliers.

 

 

La Stud : Parlons nouveauté. Vous faites confiance à Moha la Squale, qui est un jeune rappeur qu'on a peu ou pas vu sur scène. Pourquoi un tel choix ?

Gaspard : C'est vrai qu'il n'a fait qu'une date. C'était à la Maroquinerie le soir de son anniversaire.

Anaïs : Cela tient à coeur à Marsatac d'être défricheur et de mettre en avant des jeunes artistes français. Moha la Squale en fait partie. Effectivement, c'est un pari.

Gaspard : C'est aussi l'occasion de montrer un style de rap bien différent. C'est plus "Street" que ce que l'on a l'habitude de voir. Cela apporte cette couleur-là à la programmation.

Anaïs : On a pris le parti d'une dominante Rap Français cette année et il a gagné sa place dans l'actu 2017-2018 donc pour nous c'était logique.

Gaspard : Il va peu jouer aussi. Il fait quelques festivals mais peu. Sa tournée ne commence qu'en Octobre.

La Stud : C'est assez rare pour être souligné, Marsatac s'engage dans une démarche solidaire en soutenant des associations comme "Petit frère des Pauvres". Quand on est à la tête d'une telle machine, qu'est-ce qui nous rapproche finalement de ces associations ?

Gaspard : Cela fait dix ans cette année que Marsatac a cet engagement durable et solidaire, puisqu'on agit aussi pour le développement durable. Il y a énormément d'acteurs locaux comme AREMACS avec qui on travaille toute l'année et pas uniquement sur le festival. C'est tout somplement la volonté du Festival de garder un lien humain et d'avancer avec des "Plus petits".

Anaïs : Je pense aussi que c'est un devoir quand on a cette taille et cette notoriété de travailler avec les autres et montrer l'exemple.
On accueille quand même 30 000 festivaliers. On a de grosses communautés sur les réseaux sociaux.
Si c'est pas nous qui le faisons, qui va le faire ?

 

 

La Stud : Le paysage des festivals est varié. On a d'une part des modèles sur une journée ou un laps de temps précis comme le Dour. D'autre part des festivals s'inscrivent dans leur ville et donne lui donnent vie. Je pense en disant cela à l'ADE à Amsterdam ou les Nuits Sonores à Lyon.
A quoi aspire Marsatac ?

Anaïs : Alors on a essayé plusieurs modèles. Cette année on s'est concentré sur un "One Shot" de trois jours. On a déjà ajouté un troisième jour en fait. Ce n'est pas un petit off. On attend 6000 personnes. On ajoute cela sans changer l'équipe.
On a choisi de privilégier les trois jours quitte à mettre de côté les événements périphériques qui sont une bonne chose quand même. Ils ont bien marché ces dernières années mais ça demande beaucoup d'énergie.
Tout ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas l'an prochain. Cette année même il y a eu les Dimanches de la Cannebière avec Folamour, D-mood et DJ Cash. On va faire un Showcase avec Wilko et Ndy à Citadium le 31 mai. On organise aussi une conférence le Vendredi 15 Juin au matin sur l'attractivité des territoires avec Jean-Paul Roland le programmateur des Eurockéennes, peut-être le maire de Lyon, bref de beaux invités.
Cette année il y en a trois alors qu'on était plus sur une dizaine avant. En même temps ces formules évoluent et ne sont jamais figées.

 

 

La Stud : En dehors de votre histoire et votre situation géographique, vous vous sentez intégrés au territoire justement ?

Anaïs : Évidemment. Les programmateurs prennent toujours le soin de programmer des artistes locaux. Cette année il y a Nasser, Wilko et Ndy, Rorre Ecco, la Fine Equipe, Hungry 5 et même IAM (rires).
La Fine Equipe fait justement partie de la formation "Gangue" créée avec les festivals Dour et Nordik Impakt qui ont aussi des anniversaires à fêter. Les 3 groupes qui partagent la scène sont envoyés par chaque festival car ils sont issus de son territoire. Ils sont en résidence et préparent un show exclusif pour les 3 festivals.
Après dans cette logique, on travaille avec des associations locales, on tente de promouvoir la scène d'ici, et on essaie de mettre en place des choses avec nos partenaires.