« On peut jouer de longs marathons de 8-12 heures » Les Fils de Jacob en Interview

15/09/2018

Il est 16h, nous sommes bercés par le bruit des trains qui circulent à quelques dizaines de mètres de nous, un soleil d'été nous calcine tendrement l'épiderme.
S'approchent de nous deux hommes entièrement vêtus de noir : Les Fils de Jacob...

Voilà le genre d'intro qui colle bien avec la musique que le duo stéphanois propose.
En réalité, nous étions à la Friche de la Belle de Mai, le bruit de la voie ferré n'était pas dérangeant et le soleil même agréable.
Ce jour là nous avons discuté avec des artistes que nous avions vu plusieurs fois derrière les platines sans jamais avoir l'occasion de leur parlé. Bref, nous les connaissions sans les connaitre.

 

 

La Stud : Bonjour les Fils de jacob, Bonjour Charles, bonjour Antoine !

Les Fils de Jacob : Salut les gars

 

La Stud : Je suis étonné de voir que vous n’êtes que deux, dans l’Ancien Testament, les fils de Jacob sont au nombre de 12. D’où vient le choix de ce nom ?

Charles : Il y a trois de ça on a invité des amis J-Zbel et Judaah. C'était notre premier B2B officiel. On cherchait un nom qui colle au tableau, on voulait un truc un peu biblique.
Ce nom devait être éphémère puis finalement il est resté !

 

La Stud : Avez-vous commencé la musique ensemble ?

Antoine : Cela moi presque 10 ans que je mixe de mon côté à Saint Etienne seul. J'ai monté mon asso puis j'ai rencontré Charles six mois plus tard. J'ai alors quitté mon asso et rejoins Positive Education. Qui avait qu'un an je crois..

Charles : C'était la première année ouais !
Moi mes parents avaient des clubs donc j'ai commencé très jeune vers 8-9 ans. J'ai bougé un petit peu partout en France. Vers 16-17 ans j'ai commencé à mixer de façon professionnelle. J'avais un autre nom, je mixais un peu de tout, House et Techno mélangé. Je me suis consacré aux Fils de Jacob après. On travaille beaucoup aussi sur Positive Education pour le festival.

 

La Stud : Donc vous faites partie du collectif « Positive Education », l’un des collectifs underground les plus influents dans les réseaux que l’on fréquente.
Le Positive Education est donc un collectif avant d'être un festival ?

Charles : Positive Education a maintenant sept ans. J'ai commencé tout seul. Très vite on a créé un petit groupe avec nos proches. Puis au fil du temps et au fil des rencontres, le cercle s'est agrandit. Saint Etienne c'est une ville qui bouge pas énormément. On a découvert des artistes naissants qui sont devenus de plus en plus forts. Ça fait la famille et ça se développe.
On monte notre label en ce moment Worst Records. On a reçu notre Test Press hier. Justement, l'artiste à la base c'était un bénévole. On voit arriver du beau monde. Le tout made in Saint Etienne.
La première sortie est prévue en Septembre.

 

 

 

 

La Stud : Le rythme est beaucoup plus lent que certains sets industriels, mais pourtant ils sont très puissants.
Peut-on dire que les fils de Jacob jouent de l'électro ? Est-ce vous trouvez qu'à une période le mot électro est devenu un gros mot en France ? (Ndlr les puristes à 3 francs)

Charles : En fait on peut jouer de longs marathons de 8-12 heures. Si on joue lent c'est qu'on joue tôt. On ne jouera jamais à 100BPM à 3h du matin, en tout cas c'est pas courant. On aime bien monter à 140 en Electro.

 

La Stud : J’ai remarqué qu’au-delà de la texture industrielle et électro affichée de vos sets, vous passez beaucoup de morceaux très pointus, issus de registres vraiment spécifiques, comme la Wave, ou même des choses qui ressemblent au KrautRock.
Ce duo, et les sets que vous offrez au public, c’est une manière de célébrer toute la musique que vous écoutez ?

Charles : On a beaucoup de différences mais dans le fond on se retrouve bien. Ce que joue Antoine moi j'adore ! On se fait découvrir des morceaux sur scène. On ne prépare jamais !

Antoine : En fait Charles habite à Saint Etienne et moi à Rennes depuis 3 ans. Du coup on s'envoie peut de tracks et ce qu'on s'envoit c'est plutôt pour de l'écoute.

 

La Stud : Alors est-ce que des fois cela part en concours derrière les platines ? Dans le genre "On va voir si tu peux caler quelque chose après ça"!

Charles : Non non ça on évite, on essaie de se faire plaisir avant tout.

 

La Stud : On a l’impression que ces prestations à deux vous ont permis de créer une véritable atmosphère au sein de vos sets, tout cela autour de votre discothèque clairement. Vous écoutiez tous les deux la même musique à l’origine, ou alors vous avez mis en commun des cultures musicales différentes ?

Antoine : On a commencé par de la Techno.

Charles : Finalement, la musique évolue tous les jours. Il y a des disques que j'ai acheté il y a dix ans que je n'achéterai pas aujourd'hui. C'est naturel avant tout. On jouera sûrement plus du tout la même chose dans quelques années.

 

La Stud : On a vu naitre l'alliance BPM entre Lyon, Saint-Etienne et Marseille travers trois importants collectifs. Ensemble vous êtes plus forts. Vous comptez conquérir le monde ou aller plus loin dans les échanges musicaux ?

Charles : C'est une belle question ! Pourtant des questions on s'en pose pas trop. BPM c'est avant tout une amitié. C'est l'occasion de porter le message de la musique libre

Antoine : C'est bien parce que chacun garde son identité. On avance ensemble mais avec nos armes.

 

La Stud : Antoine, on avait eu le plaisir de venir vibrer au rythme de ton set l’année dernière quand tu avais été invité par le Collectif 13OP sous Antwn au Baby Club. Puis on te retrouve par ailleurs avec Charles pour les Fils de Jacob au Meta. C’est quoi le lien véritable que vous entretenez avec Marseille et ses acteurs culturels ? Ca date de quand ?

Charles : La première invitation date s'il y a deux ans au Méta

Antoine : Non non moins que ça, c'était en Avril 2017.

Charles : J'ai l'impression d'y avoir joué quinze fois tellement on adore cet endroit. C'est un monde. Puis on s'entend bien avec toute l'équipe de Métaphore. C'est des proches. Julie est maintenant notre agent. On essaie de venir dès qu'on peut. On aime bien cette ville.

Antoine : Un autre lien, c'est avec 13OP. Un mec de chez nous "Aurélien Proust" aka Helione s'est occupé de la programmation pendant un moment. Lui vient de Saint Etienne donc il nous a poussé à venir jouer ici.

 

La Stud : Qu’est-ce que vous nous avez prévu pour Le Bon : Air ? Vous avez préparé quelque chose de spécial ?

Charles : On a joué hier soir au Sucre à Lyon

Antoine : Ca risque d'être un peu pareil. Pas la même chose, mais la même structure. On a joué longtemps donc eu le temps de bien se prépare. Puis, on joue avant Shlagga donc il faudrait que ce soit bien industriel.

Charles : Ce soir c'est une ouverture de scène, donc on commencera tranquille. Peut-être vers 95 BPM, alors qu'hier on a commencé vers 80 BPM. Ce sera différent d'hier mais toujours bien marqué dans notre style. On va prendre l'histoire dans un autre sens.

 

La Stud : Vous vous êtes concoctez quelques surprises du coup ?

Antoine : Ahah, sans se le dire on en a toujours.

Charles : Hier j'ai pris 800 morceaux, ce soir un peu moins. J'ai quand même des choses qu'il ne connait pas !

La Stud : Avant de vous laisser aller vous préparer pour ce soir, si vous le voulez bien on va passer aux 10 questions de la Stud, à répondre du tac au tac, vous êtes prêts ?

Charles : Bah justement on en parlait il y a deux jours.

Antoine : C'est un peu le soucis. On habite plus dans les mêmes villes donc c'est un peu compliqué.
Quand je descends sur Saint-Étienne, on bosse sur le Festival puis on voit les potes, on fait la fête et on a plus trop le temps de s'enfermer en studio.

 

Passons maintenant à notre traditionnelle série de questions.
-Un artiste référence

Vladimir Ivkovic

 

-La collaboration la plus improbable

Joker

 

-Un film

Mulholland drive

 

-Un superhéros

Dr Strange
Batman

 

-Un album

German Army

 

-Une bière

Pourquoi pas deux ?

 

-La femme de tes rêves

La mienne

 

-Un club

Le Méta même si c'est pas un club

 

-Un chauve qui vous a marqué

Paul Kalbrenner

Philippe Etchebest