Un réveil aux aurores pour Creestal

La nouvelle douceur offerte par Creestal en ce mois de février vient appuyer son statut de patron du beatmaking marseillais. Il signe chez Fada Records un album riche et groové, dans la diversité du panel artistique proposé par le producteur.

« Another Time », « September », « Cocktails », « Toi et Moi »… Autant de titres évocateurs qui proposent des ambiances différentes et envoûtantes, placées sous le signe des racines Hip-Hop défendues par Dj Creestal. Un opus que l’on pourra retrouver en format physique sur les cassettes du label Fada Records.

Le label franco-californien s'est spécialisé dans la production de cassettes sur cette dernière année, et propose sur sa quatrième sortie physique un artiste que le label a longtemps fréquenté.

 

« Another Time », premier titre nous accueille avec de doux carillons, des cordes tantôt pincées et tantôt frottées, une guitare légère et efficace, et surtout une bass line portée vers les aigus qui récupère le groove présent à chaque fin de mesure.

« Pink Morning », titre éponyme de l’album, garde dans sa recette une guitare simple et discrète, qui vient agrémenter un morceau tracté par une basse profonde qui glisse sur chaque note, et vient se loger avec douceur au fond de l’oreille de celui qui l’écoute.

« September », et sa touche mélancolique,  est un bijou. Ses samples de vocals, rappellent aisément les années 80 avec une ambiance kitch et rassurante. La profondeur des percussions vient réconforter les cœurs refroidis par un mois de septembre annonçant la venue de l’automne.

L’art du sampling est une pratique délicate, qui requiert de l’expérience, de la technique et surtout une véritable passion de mélomane. « Multivers » est une agréable surprise. Une oreille avisée reconnaîtra très rapidement le sample du morceau « The Word II » de Shigeo Sekito, connu de manière large aujourd’hui en ce qu’il a été la source d’inspiration du morceau-tube « Chamber of Reflection » de Mac Demarco. Creestal joue des basses profondes et simplistes du morceau d’origine, pour mettre en valeur un instrument à vents et des coups de carillons à la limite du cheesy. Mais finalement, c’est ce qu’on aime non ? 

On notera aussi la présence d’un excellent featuring avec le patron dudit label, Velvetian Sky, avec qui le producteur phocéen a concocté un morceau qui cristallise parfaitement les deux esprits présents sur le titre. Un beatmaking de qualité, des vocals bien choisies, et surtout on peut aisément reconnaître la patte de Velvetian Sky dans un solo très synthétique et cher au producteur franco-californien.

cassette creestal

Loin de moi l’envie de vous mâcher le travail (et vous raboter le plaisir) en décrivant l’intégralité de cet excellent opus, mais les morceaux « Cocktails », « Toi et Moi », « Sob » et « Purple Eyes » vous envoûteront à la seconde même où vous déciderez de les écouter. Laissez-vous aller.

Mention spéciale, tout de même, à mon morceau préféré de cette cassette, « Fxxls » qui vient clôturer en beauté une série de morceaux exceptionnels, avec une ambiance follement addictive qui nous fait regretter la courte durée du morceau. Toutes les bonnes choses ont une fin, malheureusement.

Je vous laisse découvrir par vous-même l’univers incroyable et coloré de Dj Creestal et le reste de cet album, qui joue parfaitement le jeu du label Fada Records, en proposant une vision inédite et très instrumentiste du BeatMaking. Creestal, messieurs dames.

pink morning mars