Warmduscher, le supergroupe britannique

Formation extra conjugale, Warmduscher, c’est le croisement entre la Fat White Family, Childhood, Insecure Men et Paranoid London.

Cadors du label anglais Trashmouth Records (foyer de la Fat White Family et de Meatraffle) le supergroupe britannique signe en janvier 2018 sur le label The Leaf Records, basé à Yorkshire, aux côtés de Matthew Bourne, Laurence Pike et Snapped Ankles. Quelque part entre post-rock, indie pop, indie rock et garage, les « chochotes » comme ils se nomment, s’adonnent à un univers plus que désaccordé, dans une zone de confort aussi large que le Mississipi.

Des motifs, des drapeaux américains et une dégaine country à la sauce british, Saulcano, Clams "Disco Face" Baker, Lightnin' Jack Everett, Ben "Salt Fingers" Lovecraft, et The Witherer savent bien dorer leur UK rock, dont l’expérience n’est plus à faire.
Leur premier album Khaki Tears, sorti en 2015 sur Trashmouth Records, reflète la première collaboration entre les quatre formations britanniques. Un album qualifié d’improvisé lors d’une interview pour le BrightonFinest en juin dernier, symbolisant le fruit d’une jam entre ces potes de longue haleine.

Le 1er juin dernier, Warmduscher nous ouvraient les portes de « Whale City », nom de leur second album, produit par Dan Carey (Franz Ferdinand, Kate Tempest). L’association déjantée
s’exprime en onze tracks, une intro imbibée de l’ambiance de l’album, ainsi que 2 interludes d’expressions poignantes placées sur une atmosphère décalée, rappelant la lignée de la ville «baleinéaire». On y retrouve leurs meilleurs titres, Big Wilma, I Got Friends ou encore The Sweet Smell Of Florida.

Ils défendent les portes de Whale City tout l’été en Europe pour le Vina Soul Tour et notamment de l’autre côté de la Manche dès octobre.
Leurs sons croisent correctement leurs formations respectives, interposant riffs endiablés et synthés quelque peu détunés, le tout saupoudré de bons effets sur le vocal sans aboutir sur un résultat des plus concrets auxquels nous ont habitués Insecure Men et la Fat White Family, sur une petite sauce IDLES.

Mais ces garçons sont aussi de fins scénaristes, ils ajoutent un univers décadent à chacune de leurs musiques à travers des tapes aussi barrées les unes que les autres. On ne saisit peut-être pas le sens de tous les clips, mais c’est surement ce qui convient le mieux à leur œuvre. Entre une tente de camping rouge sang, une poupée à deux têtes, une batte de baseball, une cathodique ou des rollerskates, les Warmduscher y vont à rebrousse-poil et propagent un rock barjo des moins frigides (entre deux Dick pics du moins).

Sur scène, ils nous plongent dans leur intimité et nous dévoilent leurs « chewy secrets » les plus profonds. Les quatre britanniques déferlent sur scène, moitié Lemon Twigs, moitié Georges Strait par le style, ils sont accompagnés de Quinn Whalley, moitié de Paranoid London qui durant tout le show , tient son boîtier d’effets au plus proche de son organe reproducteur, tapant du pied pendant 45 minutes, cure
dent en bouche et lunettes aviateurs sur le nez. On retrouve pour le son tout le tapage et l’énergie de la Fat White Family et le jus des Insecure Men, qui venaient de jouer pour la sortie de leur album éponyme quarante-cinq minutes plus tôt.
Rien à dire, les quatre british sont les mêmes que dans leurs clips, fougueux et hargneux comme on aime.